Voici le récit du Paris-Brest 2007 selon JP COUTRE.
UN immense BRAVO à notre camarade du MUC CYCLO !!!!
Lundi 20 août 2007
Il est 19 heures lorsque je me présente à St Quentin en Yvelines Rond point des droits de l’homme pour prendre le départ de ce 16éme PARIS-BREST-PARIS et premier pour ma part. C’est une foule indéscriptible qui se présente devant moi, des milliers de cyclos attendent impatiemment (nous sommes quand même plus de 5000) un départ qui s’annonce plus que long, sous un ciel menaçant. Après être passé au contrôle des vélos et fait tamponner ma carte de route, je suis bon pour partir dans la 2éme vague des 90 heures, soit entre les 500 et 1000émes participants. Il me faudra attendre 21 h50 pour prendre le départ sous les acclamations et les encouragements de ce public fort chaleureux..
Dés le départ, nous sommes escortés par une voiture et des motocyclistes. Les 25 premiers kilométres sont franchis allégrement ; tous les carrefours sont protégés ; mais il faudra néanmoins s’arréter : en effet, cette maudite pluie fait son apparition, cape et surchaussures imperméables sont nécessaires.
Mardi 21 août
La nuit se passe sans encombre, on roule par petits groupes, je suis à Mortagne au Perche vers les 5 heures du matin toujours sous une pluie battante. Je me repose un peu dans le sas d’un magasin à l’abri de la pluie . Je passe au ravitaillement qui se trouve à quelques centaines de mètres pour y prendre un bon thé avec des tartines et me voilà reparti toujours sous la pluie et le vent de face. Je progresse vers Villaines-la-Juhel, premier contrôle situé à 222 kilométres du départ, que j’atteins vers 10h00. Là, dans une ambiance de kermesse je prends un bon repas chaud.
Direction Fougéres, 2éme contrôle, toujours sous la pluie, elle ne cessera donc jamais, les bosses s’enchaînent et je commence à ressentir un besoin de sommeil. Arrivé vers 15h00 je me restaure et décide de me reposer une demi heure au dortoir. Requinqué, je parviens au contrôle de Tinténiac en fin d’après midi où je prends de nouveau un bon repas chaud avant de repartir , alors que la nuit commence à tomber versLoudéac.
Le profil toujours bosselé, je passe Becherel, mais le sommeil commence à me titiller ; je m’arrête dans un petit village sous un abri-bus et dort une quinzaine de minutes. Je repars vers Loudéac, prend une boisson dans un café ouvert toute la nuit, et rencontre aux environs de 23h00 vers Plumieux, les premiers qui sont déjà de retour. Il est vrai qu’ils sont partis à 20h00, escortés par 2 motards qui leur ouvraient la route et une voiture suiveuse leur servant d’éclairage; respectent ils le règlement ? je ne me poserai pas la question !.... Roulant souvent seul je ne me démoralise pas.
Mercredi 22 août
J'arrive à Loudéac vers 2h00 du matin et rencontre Gérard CLAUDON, Président de mon ancien club en région Parisienne. Je prends une bonne soupe bien chaude et décide de me reposer 3 heures. Trempé, je me couche et m’endors immédiatement.
Réveilllé à peine deux heures plus tard par le froid qui me gagne et le bruit qui règne dans le dortoir je décide de repartir. Il ne fait pas chaud mais la pluie qui m’avait accompagné jusque là semble s’être arrétée. A Corlay, contrôle secret, je retrouve deux cyclos d’ Orthez avec qui j’avais discuté sur la ligne de départ. Les ayant rejoint quelques kms après, je fais route avec eux jusqu'à Carhaix Plougueur ; nouveau contôle où nous nous restaurons copieusement. Après avoir accepté leur proposition, je ferai route en leur compagnie jusqu'à Brest. Il fait bon, pas trop chaud mais toujours du vent. Le roc de Trévezel est franchi sans trop de difficulté ; mais que la descente est belle !……. La traversée du pont Albert LOUPPE, avec un vent de travers et la montée vers le point de contrôle que nous atteindrons vers 13h00 sont quant à eux plus difficiles. Arrivé à Brest vers 13 heures je ne verrai pas grand chose de la ville ; aprés un bon repas car il faut des réserves pour l’après midi. nous repartons vers 14h00. Malgré des conditions climatiques fort désagréables l'aller ne s'est quand même pas trop mal passé et je suis sur le retour avec le moral. Disons que je ne me suis jamais mis dans le rouge ; même si je suis un peu en retard sur mon tableau de marche.
Je me sens en forme cet après midi, je roule bien et suis vers 19h00 à Carhaix Plougueur où j’avais décidé de dormir quelle que soit l’heure. Mes deux compéres en décident également et par le fait du hasard l’un d’entre eux, en discutant avec des spectateurs, se voit proposer une chambre chez l’habitant. Je profite de l’aubaine et demande s’il n’y en a pas une seconde, par chance leur fils qui habite juste à coté en à une en cours d’aménagement. Peu importe de l’état d’avancement des travaux, pourvu qu’il y ait un bon lit . Les lieux me conviennent parfaitement. Après un bon dîner, je rentre chez mon logeur, prend une bonne douche, étend mes affaires, de façon à les faire sécher un peu et me couche. Je ne serai pas long à m’endormir pour 4 bonnes heures. Quelle chance de trouver un bon lit. Nous avions décidé de nous retrouver à 3h30 pour repartir.
Jeudi 23 août
A l’heure dite, je suis au rendez-vous ; petit déjeuner et nous voilà enfourchant les vélos pour 430 Kms. Bien vite je perds pied, le rythme mené par l’un d’entre eux et trop élevé pour moi. Je décide donc de rouler à mon rythme et de les laisser partir. La pluie à refait son apparition, je suis au contôle de Loudéac vers 8h00. Je n’ai pas très faim et prends seulement un café avec du gateausport qu’il me reste. Direction Tinteniac, le temps est mitigé et le parcours me semble plus facile qu’a l’aller.
Contrôle secret à St Sauveur des Landes, j’atteinds Tinténiac vers 12h00. Là je retrouve mes deux accolites qui tout compte fait ne sont pas si loin que ça devant moi et qui ont décidé de pousser jusqu'à Fougéres avant de déjeuner. Pour ma part, il est midi ; je m’attable donc devant une bonne collation (entrée, plat de résistance fromage et dessert le tout arrosé d’une badoit). J’avais auparavant retrouvé un des participants du 1000, avec qui nous avions fait le retour en TGV de Strasbourg à Paris. Lui, roulait en groupe et avec assistance ; je profiterai de leurs roues un peu plus loin. Après avoir fait graisser chaine et dérailleur, qui en avait bien besoin, je reprends la route aux environs de13h00. Arrivé à Fougéres vers les 16h00 ; je suis très en retard ( + de trois heures) sur mon tableau de marche que je ne respecte plus depuis fort longtemps.
Peu importe, je fais une brève halte et reprend la route par un temps mitigé. A la sortie de la ville je retouve Jean-Pierre COGNET un copain de mon ancien club avec qui j’avais fait le 600 et que je n’avais pas revu depuis Carhaix à l’aller. Aprés échange de quelques mots , je continue en direction de Gorron . Je rejoins le club de l’ACP (audax club parisien) et bénéficie de leur abri pendant un bon nombre de kilométres ; je ne suis pas certain qu’ils aient fort appécié, mais bon il faut savoir s’économiser.
A Ambriéres les Vallées, je me change est prend des vêtements chauds pour la nuit. Il commence à faire frais et la pluie qui n’a cessé par intermitence menace de nouveau. A Lassay les Chateaux, il tombe des cordes, je m’arrête sous un store de salon de coiffure pour me restaurer et enfiler les surchaussures. Une charmante jeune fille prend pitié de moi et me propose un café que j’accepte avec plaisir. Demeurant au dessus du salon de coiffure, elle me prépare ce bon café que je délecte avec des petits gateaux bretons tout en bavardant avec son frére.
Vendredi 24 août
J’atteindrai Villaines-la-Juhel vers 1h00 du matin sous la pluie et avec toujours plus de trois heures de retard sur mon tableau de marche ; je commence à me poser des questions ?…. Vais-je terminer dans les temps ?..... Je prends un copieux repas chaud, il fait bon dans ce gymase mais il ne faut pas lambiner. J’apperçois J.P BATTU bien connu des cylos, mais ne peut engager conversation.
Je repars, toujours sous la pluie et le vent direction Mortagne, le parcours est dans le secteur toujours aussi vallonné. Vers St Paul le Gaultier je retrouve un couple avec qui j’avais fait une partie du 1000 et qui en principe avait abandonné à Fenétrange. Grande fut ma surprise lorsqu’il m’annoncérent qu’après avoir difficilement atteint Strasbourg et s’être reposé ils avaient terminé juste dans les temps. Dans la traversée de la Hutte je retrouve J.P BATTU qui fait ce PBP en tandem avec son épouse. Nous échangerons quelques paroles, fort surpris que je le reconnaisse dans cette nuit noire sous la pluie (pour info j’avais fait sa connaissance lors du 300 qualificatif de Moriéres les Avignon). Peu après je dois préter assistance à un cyclo qui a crevé et dont la pompe ne marche plus ; faisant signe à des automobilistes personne ne s’arrête. Sous une pluie battante nous réparons et repartons en direction de Mortagne.
Vers MAMERS je profite de l’ouverture d’un café pour me reposer une petite ½ heure et rejoindre Mortagne vers 5 h00 du matin. Aprés un petit déjeuner copieux, et une dizaine de minutes de sommeil je repars . Je connais la sortie de Mortagne, deux belles côtes m'attendent, le jour se lève, il ne fait pas chaud , la pluie s'est arrété. Ca roule nettement plus vite, l’écurie approche, mais la fatigue est là, aussi dois je mettre pied à terre et prendre une petite demi heure de repos, assis par terre adossé à une chaîne servant de barriére à l’entrée d’une allée forestiére. Je repars de plus belle et prends les roues qui passent, la moyenne est un peu plus élevée .
Dreux sera atteint vers 10h00. Petite halte au contrôle ; un café deux croissants feront l’affaire pour terminer. Il me reste environ 70 kms et 5 heures 50 devant moi pour arriver dans les délais. La sortie de la ville est dure, il faut remonter sur St Gemme redescendre et remonter vers Marsenceux avant d’atteindre la plaine de la Beauce. Il ne pleut plus mais le vent est toujours présent plus ou moins de face. Vers Boutigny, je dois de nouveau dormir une vingtaine de minutes au pied d’un calvaire. La fin sera dure, ces maudits coups de cul, notament à Gambaiseul font mal ; mais bon nous sommes dans les trente derniers kilométres et le moral est là. Nous sommes un petit groupe et la pluie refait son apparition, une bonne averse nous aménera jusqu'à Montigny le Bretonneux.
Enfin l’arrivée se profile à l’horizon et le beau temps est là ; à 14h24 (il me fallait arriver au plus tard à 15h50) je suis dans le gymnase des droits de l’Homme et dans les temps !…...
La fin, la joie d’avoir accompli pour ma part un exploit, moi qui ne fait du vélo que depuis trois ans je viens de terminer ce 16éme PARIS-BREST-PARIS. En entrant dans le gymnase sous les applaudissements et les encouragements d’une foule que je n’imaginais, j’en avais presque les larmes aux yeux.
Je rentre chez moi satisfait, sans maux ou blessures apparents, mais complétement épuisé. Recommencerai-je dans 4 ans ? trop tôt pour le dire mais en tout état de cause, ce ne sera pas dans de pires conditions climatiques.
Je tiens à remercier chaleureusement Jean-Pierre RATABOUILLE et Guy ESTOPINA
qui, par leur présence à mes côtés dans les brevets qualificatifs, et leurs précieux conseils m'ont permis de réaliser cet objectif.
Un grand merci également à tous ceux qui m'ont suivi et encouragés de loin ou de prés.
